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Si tu veux être bâtisseur sur le chantier du monde, pose ton regard sur le monde, écoute-le.
Connais d'où il vient, où il va.
Toi, va où il t'appelle, où il y a l'homme endormi, désespéré.
Laisse-toi pénétrer par ses réelles aspirations, tu les devines, ce sont les tiennes, Et mets- toi au travail, mûris ton plan. Ne cède pas aux séductions de la méthode, au vertige des idées. Accepte de rester démuni pour t'emplir sans réserve de tout ce que les gens et les choses t'enseigneront, En toute occasion, accorde tes émotions, tes intuitions, ta réflexion, pour que tes actes sonnent juste. Tout entier habité par ton projet, tu pourras l'habiter tout entier. Très vite, tu t'apercevras que seul, tu ne peux rien faire. Cherche alors un ami, poussé par cette même force, cette même passion pour l'homme, ce même désir d'harmoniser toutes les heures de sa vie, en lui, autour de lui.
Et maintenant, partez, toi et ceux qui, avec toi, veulent risquer de tout donner.
Inscrivez ce pacte d'or d'un jour fou dans vos mémoires, pour les jours de brouillard, plus tard... N'hésitez plus. N'attendez pas de savoir travailler pour vous mettre à la tâche.
Ravalez, assainissez, restaurez, innovez avec le matériau solide de vos expériences quotidiennes, élans et fatigues, chutes et remontées. Ne vous complaisez pas dans l'à peu près. Accompagnez toute entreprise jusqu'à son plein achèvement, lorsque le silence de l'autre reconnaît l'œuvre accomplie. Célébrez ensemble la venue discrète de la graine de beauté.
Puis écartez-vous doucement, et repartez plus loin planter un nouvel arbre d'espérance.
Un jour... quand votre œuvre aura puisé toute votre sève, vous laisserez en héritage un jardin de promesses à d'aimables étrangers.

Iris Aguettant, comédienne